La tolérance envers le péché

La tolérance de l’islam dans le pardon des péchés

Les fils d’Adam font beaucoup de fautes et commettent beaucoup de péchés, que ce soit dans leur relation avec leur Seigneur ou entre eux et ceux qu'ils fréquentent dans leur société. C'est ce qu'a annoncé le messager d'Allah y lorsqu’il dit : « Tous les fils d’Adam sont des fautifs, et les meilleurs fautifs sont ceux qui se repentent ».

Ces fautes et péchés que commettent les fils d’Adam ont pour cause un conflit ancien et une menace antérieure de la part du Diable pour induire en erreur les fils d’Adam. Allah y dit concernant la menace proférée par le Diable aux fils d’Adam : Il dit : “ô mon Seigneur, parce que Tu m’as induit en erreur, eh bien je leur enjoliverai la vie sur terre et les égarerai tous ” (15 Al Hijr, 39.)

  • Ainsi, fait partie de la tolérance de l’islam, le fait qu’Allah pardonne le péché, quel que soit le nombre de fois qu’il se répète, tant que l’individu implore Son pardon pour ce péché, et cela tout simplement parce que commettre les péchés est le propre de la nature humaine. En effet, les péchés peuvent être effacés et pardonnés tant que l’individu continue à rechercher le pardon de son Seigneur. Abû Saïd Al Khoudry d rapporte que le Prophète s a dit : “« Ibliss a dit : Seigneur, je ne cesserai d’induire en erreur les fils d’Adam, tant que leurs âmes seront toujours dans leur corps. Il dit : Le Seigneur d dit : « Je ne cesserai de leur accorder le pardon tant qu’ils imploreront mon pardon » (Mousnad de l’imam Ahmad.)
    Le messager d’Allah y a dit également : « J’en jure par Celui qui tient mon âme dans Sa main, si vous ne commettiez pas de péchés, Allah vous aurait fait partir et aurait amené des gens qui commettent des péchés, puis implorent le pardonne d’Allah qui leur pardonne alors ».
  • Il y a aussi le fait d’avoir laissé la porte du repentir ouverte devant le musulman à tout moment et dans toutes les situations. Allah y dit : “Mais quiconque se repent après son tort et se réforme, Allah accepte son repentir. Car, Allah est, certes, Pardonneur et Miséricordieux ” (5 Al Maïdah, 39.)
    Le Prophète s a dit : « En vérité, Allah y tend Sa main durant la nuit afin que se repente le fautif du jour et tend Sa main durant le jour afin que se repente le fautif de la nuit, jusqu'à ce que le soleil se lève du côté de l’occident » (Rapporté par Mouslim.)
    Sauf dans des cas très limités où la porte du repentir est fermée. Allah y dit : “Allah accueille seulement le repentir de ceux qui font le mal par ignorance et qui aussitôt se repentent. Voilà ceux de qui Allah accueille le repentir. Et Allah est Omniscient et Sage. Mais l’absolution n’est point destinée à ceux qui font de mauvaises actions jusqu’au moment où la mort se présente à l’un d’eux, et qui s’écrie : “Certes, je me repens maintenant” - non plus pour ceux qui meurent mécréants” (4 An-Nisâ, 17-18.)
    La porte du repentir est donc ouverte aux gens sauf dans deux cas expliqués par le messager d’Allah y lorsqu’il dit : « En vérité, Allah y accepte le repentir du serviteur tant qu'il n’est pas agonisant »
    Le Prophète s a également dit : « Celui qui se repent avant que le soleil ne se soit levé du côté du couchant, Allah acceptera son repentir » (Rapporté par Mouslim.)

  • Il y a également le fait d’avoir rendu facile le repentir et d’avoir fait en sorte qu’il se passe entre le serviteur et son Seigneur sans intermédiaire entre eux, ni difficulté, ni peine, ni fatigue. Il suffit à l’individu de lever ses mains vers son Seigneur de reconnaître ses péchés et Lui demander le pardon. Allah y dit : “ Quiconque agit mal ou fait du tort à lui-même, puis aussitôt implore d’Allah le pardon, trouvera Allah Pardonneur et Miséricordieux ” (4 An-Nisâ, 110.)
  • Il y a aussi le fait que les mauvaises actions des pécheurs repentants de leurs péchés et sincères dans leur repentir, ceux-là qui regrettent ce qu’ils ont commis comme péché et ont pris la ferme résolution de ne plus récidiver, sont transformées en bonnes actions. Allah y dit : “ Qui n’invoquent pas d’autre dieu avec Allah et ne tuent pas la vie qu’Allah a rendue sacrée, sauf à bon droit; qui ne commettent pas de fornication - car quiconque fait cela encourra une punition et le châtiment lui sera doublé, au Jour de la Résurrection, et il y demeurera éternellement couvert d’ignominie; sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne œuvre; ceux-là Allah changera leurs mauvaises actions en bonnes, et Allah est Pardonneur et Miséricordieux” (25 Al Furqane, 68-70.)
    La législation islamique a interpellé la raison du pécheur, a soigné son esprit chancelant, et cela en lui ouvrant la voie du repentir afin qu’il se débarrasse du péché. Aussi, notre Seigneur n’a suscité le désespoir du pardon des péchés chez aucune de Ses créatures, quels que soient le nombre de péchés et la grandeur de la faute. Allah y dit : Allah addresses us to repent, He, the Exalted, says: “Dis : “ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Car Allah pardonne tous les péchés…” (39 Az-Zumar, 53.)
    Tout ceci bien entendu en ce qui concerne les droits d’Allah ; quant à ce qui concerne les droits des gens, il faut absolument leur remettre leurs dus et demander le pardon pour le tort qu’on leur a causé.

  • Il y a aussi le fait que l’islam récompense la bonne intention, même si elle n’est pas suivie par l’acte. Aussi, si le musulman se résout à accomplir une bonne action et ne finit pas par l’accomplir, il lui sera inscrit une bonne action. Mieux encore, si le musulman se résout à accomplir une mauvaise action et finalement ne l'accomplit pas par crainte du châtiment d'Allah, Allah lui accordera de bonnes actions en guise de récompense, parce qu’il a abandonné ce qu’il s’était pourtant résolu à accomplir par crainte d’Allah. Le messager d’Allah y a dit qu’Allah y a dit : « Lorsque mon serviteur désire accomplir une mauvaise action, n'inscrivez pas cela à son passif jusqu'à ce qu’il l’ait accomplie. S’il l’accomplit, inscrivez exactement cela et s’il renonce à cause de moi, inscrivez lui une bonne action. Et s’il désire accomplir une bonne action et ne l’accomplit pas finalement, inscrivez lui une bonne action et s’il l’accomplit, inscrivez lui une récompense au décuple, jusqu'à sept cents fois » (Sahih Al Boukhari, 6/2724 n° 7062.)
  • Il y a aussi le fait de n’avoir pas fait en sorte que les péchés du musulman le privent de la miséricorde d’Allah. Au contraire, à la vue de la miséricorde d'Allah et de Son pardon du péché lorsqu’il lui sera présenté son registre, il souhaitera avoir eu beaucoup plus de péchés. Le Prophète s a dit : « En vérité, je connais la dernière personne qui entrera au Paradis et la dernière personne qui sortira de l’Enfer. (C'est) un homme qu'on apportera le Jour de la Résurrection et il sera dit : Présentez lui ses petits péchés et épargnez-le de ses grands péchés. Alors, ses petits péchés lui seront présentés et on dira : Tu as œuvré telle et telle chose tel et tel jour. - Oui, dira-t- il, et il ne sera pas capable de nier, tout en s'inquiétant à l’idée que ses grands péchés soient exposés. C’est alors qu'il lui sera dit : à la place de chaque mauvaise action tu recevras une bonne action. Alors, dira-t- il : Seigneur, j’ai accompli des choses que je ne vois pas ici. J'ai vu [dit le compagnon qui rapporte ce hadith] le messager d'Allah y rire jusqu'à ce qu’apparaissent ses molaires ».
  • Il y a aussi le fait qu’Allah soit tolérant vis-à- vis de celui qui Lui désobéit et celui qui mécroit parmi Ses créatures. Allah y dit : Et si Allah s’en prenait aux gens pour ce qu’ils acquièrent. Il ne laisserait à la surface [de la terre] aucun être vivant. Mais Il leur donne un délai jusqu’à un terme fixé. Puis quand leur terme viendra... (Il se saisira d’eux) car Allah est Très Clairvoyant sur Ses serviteurs (35 Fatir, 45.)

La tolérance de l’islam dans les expiations de péchés

Une autre manifestation de la tolérance de l’islam est d’avoir fait de certains actes d’adoration, outre la récompense liée à leur pratique, des actes expiatoires de péchés, par miséricorde de la part d’Allah à Ses serviteurs, par miséricorde pour leurs propres vies et comme un moyen de se débarrasser de leurs nombreux péchés. Citons dans les lignes qui suivent quelques unes de ces œuvres :

  • L’accomplissement d’actes d’adoration obligatoires, en plus de la récompense qu’il procure constitue une expiation des péchés. Le Prophète s a dit : « Les cinq prières quotidiennes, du vendredi au vendredi suivant, du mois de ramadan jusqu'au ramadan suivant, sont des expiations pour ce qu'il y a eu entre eux lorsque les grands péchés sont évités.
  • Le Prophète s a dit : « Faites succéder le hadj et l'oumra car ces deux chassent la pauvreté et les péchés comme le soufflet de forge chasse les impuretés du fer, de l’or et de l’argent ».
  • Il a aussi fait du fait d’éviter les grands péchés, une cause du pardon des péchés de moindre importance. Allah y dit : Si vous évitez les grands péchés qui vous sont interdits, Nous effacerons vos méfaits de votre compte, et Nous vous ferons entrer dans un endroit honorable (le Paradis) (4 An-Nisâ, 31.)
  • Il a aussi fait du fait de répandre la salutation de paix (salam) et d’échanger des poignés de main entre les musulmans, une cause des expiations de péchés. Houdzaïfa rapporte que le messager d’Allah y a dit : « Lorsque le croyant rencontre un autre croyant et qu’ils s’échangent le poignés de main, leurs péchés tombent comme tombent les feuilles de l’arbre ».
  • Il a aussi fait des maladies, des malheurs et autres tristesses dont souffre le musulman, une cause d'expiation des fautes. Abû Saïd Al Khoudry d rapporte que le messager d’Allah y a dit : « Tout ce qui atteint le croyant : épuisement, chagrin maladie, même une angoisse qui le préoccupe lui vaut de la part d’Allah la rémission de ses péchés ».
    Le messager d’Allah y a également dit : « Tout malheur qui touche le musulman lui vaut de la part d’Allah la rémission de péchés, et cela va jusqu'à l’épine qu'il piétine ».
  • Il a fait que la purification soit au nombre des expiations des péchés. Abû Saïd Al Khoudry d rapporte que le messager d’Allah y a dit : « N’aimeriez-vous pas que je vous indique ce grâce à quoi Allah pardonne les péchés et augmente les bonnes actions ? – Si, ô messager d’Allah, répondirent les compagnons. Il dit : « Bien faire les ablutions quand l'utilisation de l'eau n'est pas agréable et attendre la prière après une autre prière. Aucun homme parmi vous ne sort de sa maison et accomplit la prière avec l'imam puis s'assoit pour attendre l'autre prière sans que les anges ne disent : Ô Allah, accorde lui le pardon, ô Allah accorde lui la miséricorde ».
  • Il a aussi fait qu’une action aussi simple et facile que l’évocation d’Allah soit équivalente à la dépense de la richesse dans la voie d’Allah dans différentes sortes d'acte de piété. Abû Houreira d rapporte : Les pauvres allèrent trouver le Prophète s et dirent : « Les gens opulents, grâce à leur fortune, accapareront les degrés les plus élevés du Paradis et ses félicités éternelles car ils prient et jeûnent ainsi que nous et, en outre, ils ont cet avantage que leurs richesses leur permettent de faire le hadj, la visite pieuse aux lieux saints, le djihad et l’aumône. – Eh bien répondit le Prophète, je vais vous enseigner une chose qui, si vous la pratiquez, vous fera rattraper ceux qui semblent avoir sur vous une avance et distancer ceux qui viendront après vous. Vous serez les mieux placés de ceux au milieu desquels vous êtes, hormis ceux qui feront comme vous, en disant : « Gloire à Allah, louange à Allah, Allah est grand », trente-trois fois après chaque prière ». Nous divergeâmes entre nous et tandis que d'aucuns disaient « Nous glorifions Allah trente fois, nous Le louons trente trois fois, et nous proclamons Sa grandeur trente quatre fois », je rentrai auprès de lui et il dit : « Tu diras « Gloire à Allah, louange à Allah, Allah est grand » jusqu'à ce que ce soit pour toutes ces expressions trente trois fois ».
  • Il a aussi fait de la multiplication des bonnes actions, ce qui contrecarre et efface les mauvaises actions. Mouadz rapporte qu’il demanda : Ô messager d’Allah fais moi une recommandation. Il dit : « Crains Allah où que tu sois ou quel que soit l’endroit où tu te trouves ».
    Il dit : Ajoute- moi (une autre recommandation). Il dit : « Fais suivre la mauvaise action par la bonne qui l’effacera. Il dit : Ajoute- moi (une autre recommandation) ; il dit : « Fréquente les gens avec un bon comportement » (Rapporté par Ahmad.)
  • Il a fait de l’accomplissement des actes d’adoration des expiations de peines, c'est-à- dire des peines dissuasives pour les petits péchés, comme le montre ce hadith rapporté d’après Abû Oumama d qui dit qu’un homme vint trouver le Prophète s et dit : Ô messager d’Allah, je mérite une peine, applique la donc contre moi ! Il demanda : As-tu fais les ablutions lorsque tu venais ? Oui, répondit-il. Puis il demanda encore : « As-tu prié avec nous lorsque nous étions en train de prier ? – Oui dit-il. Il dit alors : Pars, Allah t’a accordé le pardon ».

La tolérance de l’islam dans les actes expiatoires des péchés

Une autre manifestation de la tolérance de l’islam est d’avoir prescrit à ses adeptes, des actes expiatoires lorsqu’ils commettent des interdits touchant au droit d’Allah ou aux droits des êtres humains, afin qu’ils soient une cause du pardon et de la rémission du péché commis. En outre, ces actes expiatoires une fois accomplis, effacent le sentiment de culpabilité chez le musulman ; ainsi, il n’est pas tourmenté par une angoisse incessante à cause du péché qu’il a commis. Dans les lignes qui suivent, nous allons évoquer quelques illustrations de la tolérance et de la facilitation dans des actes expiatoires.

  • Au sujet du meurtre involontaire, l’islam a prescrit une expiation que notre Seigneur a énoncée dans Sa parole suivante : Il n’appartient pas à un croyant de tuer un autre croyant, si ce n’est par erreur. Quiconque tue par erreur un croyant, qu’il affranchisse alors un esclave croyant et remette à sa famille le prix du sang, à moins que celle-ci n’y renonce par charité. Mais si [le tué] appartenait à un peuple ennemi à vous et qu’il soit croyant, qu’on affranchisse alors un esclave croyant. S’il appartenait à un peuple auquel vous êtes liés par un pacte, qu’on verse alors à sa famille le prix du sang et qu’on affranchisse un esclave croyant. Celui qui n’en trouve pas les moyens, qu’il jeûne deux mois d’affilée pour être pardonné par Allah. Allah est Omniscient et Sage (4 An-Nisâ, 92.)
  • Concernant le dzihâr NDT : Le dzihâr c’est le fait que l'époux dise à sa femme : « Tu es illicite pour moi comme l’est le dos de ma mère ». l’islam prescrit une expiation que notre Seigneur a énoncée dans Sa parole suivante : Ceux qui comparent leurs femmes au dos de leurs mères, puis reviennent sur ce qu’ils ont dit, doivent affranchir un esclave avant d’avoir aucun contact [conjugal] avec leur femme. C’est ce dont on vous exhorte. Et Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faitesspan (58 Al Mujadalah, 3.)
  • Au sujet du parjure, l’islam prescrit une expiation détaillée dans cette parole d'Allah y : Allah ne vous sanctionne pas pour la frivolité dans vos serments, mais Il vous sanctionne pour les serments que vous avez l’intention d’exécuter. L’expiation en sera de nourrir dix pauvres, de ce dont vous nourrissez normalement vos familles, ou de les habiller, ou de libérer un esclave. Quiconque n’en trouve pas les moyens devra jeûner trois jours. Voilà l’expiation pour vos serments, lorsque vous avez juré. Et tenez à vos serments, Ainsi Allah vous explique Ses versets, afin que vous soyez reconnaissants ! (5 Al Maïdah, 89.)
  • Il y a aussi que l’expiation s’annule en cas d’incapacité de l’accomplir, que ce soit du point de vue financier ou corporel. La meilleure preuve en est ce récit du Compagnon qui vint trouver le messager d’Allah y et lui dit : « Je suis un homme perdu. – Que t’est-il arrivé ? demanda le Prophète s. – J’ai eu des rapports avec ma femme alors que je jeûnais (le ramadan), répondit-il. – As-tu un esclave à affranchir ? –Non. – Peux-tu jeûner deux mois de suite. – Non. –Peux-tu donner à manger à soixante pauvres ? – Je n’ai pas de quoi le faire ». À ce moment on apporta une corbeille de dattes au Prophète s. « Prends ceci, dit-il à l’homme, et fais-en l’aumône. – À plus pauvre que moi ? demanda l’homme ; mais il n’y a pas plus pauvre que moi entre les deux lâba (c'est-à- dire les deux rocailleuses) de Médine. « Prends ces dattes, reprit le Prophète s et nourris-en ta famille » (Sahih Al Boukhari, 2/684 n° 1834.)